Interview

portrait

Florent Gros, bijoutier-joaillier et formateur aux ateliers des MOF (Meilleurs Ouvriers de France).

 

Après avoir découvert en autodidacte le monde de la coutellerie et de la forge, cet ancien étudiant a effectué un virage à 180° en quittant une licence d'anglais LCE pour se diriger vers un CAP de bijouterie en candidat libre. Il a poursuivit un projet qui lui tenait à cœur et s'est installé à son compte. C'est avec plaisir que Happy Crafts a rencontré ce bijoutier-joaillier, également formateur.

 

Happycrafts : Tout d'abord merci de nous accorder cette interview. Si tu devais te présenter en deux mots, que dirais-tu ?

Florent Gros : Je m’appelle Florent Gros, je suis bijoutier-joaillier et formateur aux ateliers des MOF. Le métier consiste en la réparation, la transformation et la création de bijoux. Je m’occupe aussi de la formation de personnes intéressées par la bijouterie aussi bien pour un parcours loisir que professionnalisant.

 

 HC : Comment as-tu découvert ce métier, et pourquoi avoir choisi cette branche ?

croix en Acier Damas et diamant serti en massé

FG : C’est ma passion du travail du métal qui m’a conduit naturellement à la bijouterie.

 

HC : Quels sont les compétences et les qualités requises pour être et aimer être bijoutier selon toi ?

FG : Patience, minutie, précision : nous travaillons souvent au 10è de millimètre à l’œil nu…Il faut être curieux et aimer apprendre pour créer de nouveaux bijoux : c’est un métier en perpétuelle évolution qui allie nouvelles technologies et techniques traditionnelles.

 

HC : Quelles sont les autres formes artistiques nécessaires dans ton métier ?

FG : Le dessin est vraiment nécessaire pour le côté créatif et le côté technique des réalisations, la sculpture permet l’appréhension des volumes complexes.

 

 

HDuo d'alliances en Mokume GaneC : Tu travailles aux Ateliers et Conservatoire des MOF, les Meilleurs Ouvriers de France, quelle est la mission de cette association ?

FG : L’association comprend une partie « musée » qui présente les chefs d’œuvre des meilleurs ouvriers de France et une partie centre de formation qui proposent une quinzaine d’ateliers de métiers d’art ouverts à tout public : gravure sur métal, sculpture sur pierre, sur bois, mosaïque, dentelle… et bien sûr l’atelier bijouterie dont j’ai la responsabilité. Cette association est unique en France, elle a été créée par Jean Closset, MOF en bijouterie à Saint-Etienne, qui avait pour objectif de rendre les métiers d’art accessibles au plus grand nombre. Dans cet esprit, les personnes que je forme appartiennent à tous les âges, tous les milieux. Certains viennent pour découvrir les techniques de la bijouterie, d’autres souhaitent réaliser eux-mêmes un projet de bijoux… mais j’encadre également des candidats venus apprendre un métier et passer un CAP.

 

HC : Quelles sont les grandes étapes de création d'un bijou ?

cire sculptée en bague

FG : Deux grandes phases sont nécessaires : tout d’abord, la conception qui comprend beaucoup de dessins préparatifs pour faire émerger la pièce finale sur un dessin plus technique avec des côtes ; ce dernier dictera les techniques de fabrication à employer. Ensuite, la réalisation en elle-même. Il y a deux grandes méthodes, la première est appelée « fonte à la cire perdue », elle consiste à sculpter un bloc de cire, la maquette sera ensuite coulée dans le métal choisi. La deuxième technique est celle de la bijouterie traditionnelle où le bijou est construit à partir de divers éléments réalisés en fils, barres ou planés de métal assemblés au chalumeau. Pour chaque méthode, les finitions consisteront en un polissage et au sertissage des pierres.

 

 

 

HC : Quel style de bijoux aimes-tu créer ?

etabli

FG : Je préfère travailler directement avec le métal selon les techniques traditionnelles, ce qui demande plus de temps et de précision mais garantit un bijou de qualité incomparable. La technique de la fonte à la cire perdue peut apparaître plus rentable mais les pièces ainsi produites s’usent prématurément. Le plus plaisant pour moi est de travailler des pièces de joaillerie qui exigent une grande précision et qui présentent des mises en pierres complexes ( maniere de disposer les pierres). Les mises en lumière ( travail sur pièce de haute gamme, pour que le rendu esthetique soit aussi beau à l'arrière qu'à l'avant) demandent un temps de travail très important et permettent de rendre l’envers d’un bijou aussi travaillé que sa face visible.

 

 

IMG_5199

 

HC : D'où te vient l'inspiration ? Est-ce que chaque bijou a une histoire,un contexte... ?

FG : Pour les pièces que je crée, je m’inspire de la nature, en recherchant l’harmonie des formes et des volumes. Mais j’apprécie aussi que l’on vienne me voir avec une idée précise, un projet qui tient à cœur à mes clients, j’aime décoder leurs envies et réaliser le bijou de leurs rêves, la pièce unique qui ne ressemblera à aucune autre.

 

HC : Merci à toi.

Retrouvez quelques réalisations de Florent Gros et ses coordonnées sur : http://www.florent-courtois.com